Les conflits de la cheville sont relativement fréquents, s’expliquant en partie par l’anatomie de cette articulation majeure caractérisée par un espace articulaire restreint. Mais que désigne-t-on exactement sous le terme de conflit de cheville, et quels sont les différents types ?
Un conflit de cheville, c’est quoi ?
Le principe de toute articulation fonctionnelle est de permettre des mouvements fluides et faciles, ce qui suppose un contact optimal et sans gêne entre les surfaces articulaires. Dès qu’un élément empêche le contact normal des surfaces articulaires, on parle de conflit de l’articulation, entraînant gêne fonctionnelle et douleurs.
Les conflits de la cheville peuvent ainsi être causés par différents types d’éléments, comme la présence d’un tissu venant se coincer dans la cheville. Il peut s’agir d’un tissu dur (fragment osseux, fragment de cartilage articulaire, calcification ectopique, os surnuméraire…) ou d’un tissu mou (ligament articulaire de la capsule, tendon, élément musculaire…).
Quels sont les différents types de conflit de cheville ?
Selon la localisation anatomique du conflit de cheville, il est habituel d’en distinguer 3 sortes : le conflit antérieur, le conflit latéral et le conflit postérieur de la cheville.
Qu’est-ce que le conflit antérieur de cheville ?
Le plus souvent, le conflit antérieur résulte de micro-traumatismes répétés ou d’entorses de la cheville récurrentes ou chroniques.
Ces lésions anciennes favorisent un relâchement du ligament latéral, et la néo-formation de tissus osseux (ostéophytes) telle qu’on la rencontre aussi dans les cas d’arthrose de la cheville.
L’atteinte fréquente du ligament latéral fait qu’on parle aussi de conflit antéro-latéral de la cheville.
Ce type de lésions de la cheville se voit plus souvent chez les sportifs, certaines activités comme la course à pied ou les sports de ballon constituant un facteur de risque connu.
Qu’est-ce que le conflit de cheville postérieur ?
Le conflit de cheville à l’arrière, appelé aussi syndrome du carrefour postérieur, résulte le plus souvent de la présence d’un os surnuméraire au niveau du talon, l’os trigone.
Cet os trigone résulte généralement d’un défaut de fusion des noyaux osseux en phase de croissance, ou d’une lésion traumatique à l’adolescence, entraînant des douleurs marquées à l’arrière du talon.
Le conflit postérieur de cheville reste toutefois bien plus rare que le conflit antérieur.
Qu’est-ce que le conflit de Haglund ?
Appelé aussi conflit rétro-calcanéen, le conflit de Haglund du nom de son « découvreur » en 1928, se définit comme un conflit de la cheville spécifique, lié à une excroissance osseuse anormale du talon entrant en conflit avec le tendon d’Achille. A la tendinopathie du tendon d’Achille vient se rajouter une bursite, aggravant la douleur ressentie par le patient à l’arrière du pied.
Comment savoir si on souffre d’un conflit de cheville ?
Le principal signe d’un conflit de cheville reste la douleur, associée à une gêne fonctionnelle plus ou moins invalidante. En revanche, toute arthralgie de la cheville n’est pas synonyme de conflit articulaire, ce qui suppose d’avoir un avis éclairé d’un spécialiste du pied et de la cheville.
Ce dernier va associer le recueil des commémoratifs, l’examen clinique et l’imagerie médicale pour confirmer ou infirmer le diagnostic : il est alors essentiel de bien identifier les causes du conflit de la cheville, pour les éliminer avec un traitement médical spécifique ou une chirurgie de la cheville adaptée.









