Un hallux rigidus désigne une arthrose du gros orteil, soulignant ainsi un signe clinique majeur, l’ankylose de l’articulation et la perte de mobilité. Dans le détail, chaque spécialiste du pied (chirurgien orthopédiste, pathologiste, rhumatologue…) peut donner sa propre définition du hallux rigidus : explications !
Qu’est-ce qu’un Hallux Rigidus : la réponse de l’anatomiste ?
L’hallux, nom latin désignant le gros orteil, a pour base un squelette osseux comprenant trois os principaux, l’os métatarsien I, prolongé par 2 phalanges.
Chaque segment osseux est articulé avec le précédent à travers deux articulations, l’articulation métatarso-phalangienne et l’articulation inter-phalangienne, qui assurent à la fois la mobilité et la stabilité articulaire.
Des structures anatomiques spécialisées contribuent au bon fonctionnement articulaire :
- le cartilage articulaire et le liquide synovial permettent la protection des embouts osseux, avec un glissement fluide et sans douleurs des segments osseux ;
- la capsule et les ligaments articulaires garantissent la stabilité des mouvements, sans déplacement des embouts osseux.
L’arthrose se définit comme un processus dégénératif du cartilage articulaire, qui finit par s’éroder et disparaître, au risque de créer des lésions inflammatoires des embouts osseux soudain en contact.
D’un point de vue physiopathologique, cette évolution, une fois entamée, est progressive et irréversible.
Dans un hallux rigidus, l’arthrose de l’articulation métatarso-phalangienne va induire une hyperactivité osseuse aboutissant à la formation d’excroissances, appelées encore becs de perroquets ou ostéophytes. Cette ostéophytose arthrosique explique les principaux signes du hallux rigidus, douleur et blocage articulaire.
Qu’est-ce qu’un Hallux Rigidus : la réponse du chirurgien orthopédique ?
Contrairement à la croyance populaire, le chirurgien orthopédique spécialiste du pied et de la cheville n’est pas seulement un as du bistouri. C’est d’abord un médecin clinicien, dont les connaissances et l’expérience permettent de poser un diagnostic précis, indispensable pour choisir le meilleur traitement du hallux rigidus.
Pour cela, tout médecin spécialiste du pied va réaliser son examen clinique en deux étapes :
- un examen statique, avec étude de l’amplitude articulaire, recherche des signes de douleurs et diagnostic des éventuelles « bosses au pied ».
Il faut ainsi distinguer les tuméfactions liées aux ostéophytes arthrosiques, de l’oignon du pied conséquence de la bursite du hallux valgus ;
- un examen dynamique, avec étude de la marche du patient : une arthralgie à l’orteil du pied (accrue à froid et à chaud) entraîne généralement un contre-appui sur les métatarsiens latéraux indolores, pouvant entraîner des déformations du pied ou d’autres décompensations sur des articulations du membre supérieur, soudain trop sollicitées (cheville, genou, hanche…). Consulter un chirurgien orthopédique permet d’obtenir ainsi une vision d’ensemble.
Qu’est-ce qu’un Hallux Rigidus : la réponse du radiologue ?
Tout bon chirurgien orthopédique spécialiste du pied peut poser un diagnostic de suspicion d’un hallux rigidus. Pour la confirmer et apprécier l’étendue des lésions, le praticien prescrit généralement un bilan d’imagerie médicale, pouvant comporter plusieurs examens selon les buts recherchés :
- radiographie conventionnelle pour objectiver les signes d’arthrose (pincement de l’interligne articulaire, densification de la plaque sous-chondrale, développement d’ostéophytes…), sans visualiser toutefois le cartilage, radio-transparent ;
- arthroscanner de face et de profil, pied en charge ;
- si besoin IRM pour apprécier l’atteinte des tissus mous.
Savoir exactement ce qu’est un hallux rigidus suppose donc des regards complémentaires, où l’imagerie médicale va nourrir la réflexion du clinicien pour décider ou pas d’une chirurgie du gros orteil ou du pied.









