Le conflit postérieur de cheville, appelé aussi syndrome du carrefour postérieur, se définit comme une compression des tissus mous ou des tissus osseux entre la malléole tibiale postérieure et le bord postérieur du calcanéum, donnant de fortes douleurs en flexion plantaire. Pour trouver la cause d’un conflit postérieur de cheville indispensable à une bonne prise en charge, le chirurgien spécialiste du pied va prescrire des examens d’imagerie médicale : pourquoi choisir une IRM plutôt qu’une radiographie ?
Conflit postérieur de cheville : comment explorer le tissu osseux ?
Certaines anomalies osseuses peuvent occasionner un syndrome du carrefour postérieur.
Causes osseuses du conflit postérieur de cheville
Deux anomalies sont plus souvent rencontrées :
- un excès de longueur du processus postéro-latéral du talus où coulisse le tendon du muscle long fléchisseur de l’hallux ;
- la présence d’un os trigone, traduisant l’absence de fusion dans l’enfance de cet ossicule avec le talus.
Quel examen pour un conflit postérieur de cheville osseux ?
Une radiographie standard permet d’objectiver par rayons X les principales lésions osseuses, comme un long processus postéro-latéral du talus, un cal fracturaire, un os trigone ou encore une infiltration musculaire du triangle de Kager.
Un arthroscanner permet d’explorer plus précisément par tomodensitométrie une micro-fracture, une pseudarthrose du processus postéro-latéral du talus ou une fragmentation de l’os trigone.
Conflit postérieur de cheville : explorer les tissus mous par IRM ou échographie ?
Dans le cadre d’un bilan de conflit postérieur de cheville, le chirurgien spécialiste du pied doit vérifier aussi l’intégrité des tissus mous.
Conflit postérieur de cheville et atteinte des tissus mous
Deux types de lésions sont plus souvent rencontrés :
- une tendinopathie du tendon du muscle long fléchisseur de l’hallux, pouvant s’accompagner de fissures, d’inflammation, d’épaississement du tendon…
- une anomalie du muscle soléaire accessoire qui peut, dans de rares cas, infiltrer le triangle graisseux de Kager et causer un conflit de cheville postérieur.
Quel examen pour explorer les tissus mous sur un conflit postérieur de cheville ?
L’échographie permet de visualiser par ultrasons le tendon fléchisseur, tant d’un point de vue statique que dynamique.
L’imagerie par résonance magnétique ou IRM permet une exploration plus fine des parties molles et ainsi définir le meilleur traitement qui peut être effectué sous arthroscopie (technique mini invasive)
Avec une IRM de la cheville, le chirurgien de la cheville et du pied peut ainsi infirmer ou objectiver des lésions molles ou péri-osseuses : œdème médullaire du processus latéral du talus ou de l’os trigone, épanchement des articulations taliennes, signal liquidien sur les éléments osseux pouvant traduire une fragmentation, tendinite ou téno-synovite, espacement accru entre l’os trigone et le processus postéro-latéral…
Face à un conflit postérieur de cheville, un bilan lésionnel complet impose donc souvent le recours à une IRM de la cheville, que ce soit pour objectiver des lésions suspectées, ou au contraire pour infirmer telle ou telle cause. Un bon examen clinique et une bonne IRM de la cheville doivent alors permettre de comprendre toutes les causes du syndrome du carrefour postérieur, seul un traitement du pied sur-mesure permettant de supprimer durablement ce conflit postérieur de cheville.









